galerie en ligne : l’œil de l’artiste, troisième partie

J’ai déjà écris de nombreux articles sur la façon dont l’oeil d’un  artiste voit les choses, regarde le monde.

Jacques Lacan écrivait que le tableau peint, l’image dessinée ne rivalisent pas avec l’apparence, ils rivalisent avec ce que Platon nous désigne au-delà de l’apparence comme étant l’Idée.
Si vous pouviez voir le monde tel que mes yeux le voient… J’ai une palette de couleurs dans mon cerveau.

Ma démarche artistique associe en effet le monde extérieur au monde intérieur. Cette palette créée par mes sentiments, mon ressenti, la façon dont mes mains touchent et lisent les choses, car je peux voir par mes mains ; je les promène le long des choses pour en sentir les formes, la matière.

L’artiste, en dessinant, en peignant, en touchant et en sculptant insuffle au monde extérieur sa vision de ce même monde. Il l’agrémente du sien, le montre tel qu’il le voit pour pouvoir faire partager, échanger ses émotions. Ce faisant, il est en mesure d’évaluer ce qu’il a dessiné, peint, sculpté et de faire évoluer sa création. Selon moi, le processus créateur dépend de ce rapport constant, de cette tension, entre ces deux mondes, celle de la vision qu’il possède du monde.

L’artiste qui dessine de façon “sauvage”, instinctive, dionysiaque, projette son monde intérieur. Mais croire qu’il ne prend pas en considération le monde extérieur est une illusion.
 De la même façon, l’artiste qui construit en faisant cas, en apparence, du monde extérieur, obéit en réalité à une impulsion intérieure, à un élan : le dessin, la peinture, la sculpture préexistent en lui.

Pour prendre un exemple, la démarche ne consiste pas nécessairement à se dire d’abord: cette femme est jolie, donc je fais son portrait mais au contraire, c’est parce que j’ai en moi cette représentation d’elle, parce que je vois du bleu, du vert, du rouge, des bruns et des gris dans son visage, parce  que je ressens que telle ou telle couleur va mieux aller pour exprimer sa psychologie que  je fais le portrait de cette femme…

Autrement dit encore, on voit bien qu’il n’existe pas de distinction entre art abstrait ou art figuratif qui tienne, l’art figuratif participe finalement de la même démarche : l’artiste représente un élément de la nature mais cet élément n’est qu’une figure de rhétorique, c’est-à-dire une métaphore permettant de représenter son monde intérieur.

Mit freundlichen Grüßen (Bis bald Tschüss….!) / Best regards / Cordialement / Искренне ваш….
Artemis Irenäus 


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Philippe Morin / Artemis Irenäus von Baste

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Une réponse à galerie en ligne : l’œil de l’artiste, troisième partie

  • Vous parlez Artr avec éloquence et passion.
    J’ai trouvé un texte qui parle de poésie et qui est en concordance avec ce que je crois votre esprit. Ce texte émane de ce que l’on appelait auparavant un baladin ou même un pamphlétaire, puic vinrent les « gens d’esprit » et il y a peu les » chansonniers ». Si la parole et incisive, elle n’est pas méchante, mais quel plaisir à lire. S’il parle des poêtes, les peintres se doivent d’y être inclus.
    Donc ce texte, cette vision, n’a rien à voir avec une quelconque analyse philosophique ou universitaire.
    Ce texte de Jean amadou est extrait de l’une de ses chroniques « vous n’êtes pas obligés de me croire ». J’espère que vous aurez autant de plaisir à le dire que j’en ai eu.
    Bonne lecture sur l’art.

    « On a vendu à l’Hôtel Drouot la lettre qu’écrivit Arthur Rimbaud, en 1871, à son ami Paul Demeny. Surprenant Rimbaud. Cas presque unique dans la littérature, il a écrit toute son oeuvre en quatre ans, de seize à vingt ans. A cet âge, oü pour tant d°autresrien n’a commencé, il délaisse la plume dont il n°usera plus que pour sa correspondance… Il comınence une vie errante d’aventurier, soldat, déseıteur, trafiquant d’armes, et meurt à trente-sept ans dans un hôpital de Marseille. On reste confondu, paıtagé entre l’admiration et Fincrédulité, devant les poèmes de cet adolescent virtuose et prophétique. La lettre vendue à Drouot et préemptée par la Bibliothèque nationale est considérée comme le manifestedu symbolisme… Les surréalistes en firent leur bible. Que dit Rimbaud dans cette lettre ? « Le poète doit se faire voyant par un long, immense et raisonné dérèglement de tous ses sens. Toutes les formes d°amour, de souffrances, de folies, il les cherche. Il devient entre tous le grand malade, le grand cıiminel, le grand maudit et le suprême savant. ›› Qu`est-ce à dire… ? Que le poète, ou l’artiste en général, doit se faire visionnaire et qu’il ne crée qu’à contre-courant, au mépris de sa souffrance et des quolibets. C’est de son désespoir qu”il extrait son génie. C°est Michel-Ange peignant le Jugement demier sur le mur de la chapelle Sixtine. Ca n’est plus une fresque, c’est un cri de désespoir et d°horreur après le sac de Rome par les reitres de Charles Quint. C’est Manet exposant son Olympia sous les sarcasmes lourds des critiques engoncés dans leur bêtise, c’est le Hugo des Châtiments, le « J °accuse ›› de Zola, et le Guernica de Picasso. Que dit Rimbaud ? Que le poète n’est fécond que malheureux et incompris. C’est déjà ce qu°écrivait Musset, que Rimbaud détestait, en écrivant .: « Les chants désespérés sont les chants les plus beaux ››, et aussi Baudelaire, que Rimbaud adorait, quand il compare le poète à l’albatros : « Ses ailes de géant l’empêchent de marcher. ›› Si le poète n’est pas visionnaire, s’il n’est pas révolté, s°il n`est pas provocateur, si ‘il se contente de gérer son talent dans le courant de la mode, il se fait boutiquier, métier ô combien honorable, mais il faut choisir. En ce sens, peut-être les politiques sont-ils à l’image des poètes… Rares sont ceux qui se risquent à imaginer l’avenir au lieu de gérer le présent, l’entreprise est délicate car le visionnaire a les yeux fixés sur l’horizon au lieu de les avoir fixés sur les sondages. Cette lettre de Rimbaud fut écrite pendant la Commune : «Tant de travailleurs meurent à Paris pendant que je vous écris. Travailler, moi, maintenant, jamais ! Jamais ! Je suis en grève. ›› Sa grève dura seize ans. C’est une des plus longues qu”on ait connues. Les poètes ne font pas les choses à moitié. »

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